Notre série d’interviews : d’anciens élèves témoignent. 2/7 : Michaël

Nous poursuivons notre série d’interviews d’anciens élèves de notre formation professionnelle avec le témoignage de Michaël Hottier. L’acrobate de 23 ans a fait des anneaux chinois sa spécialité et évolue aujourd’hui en trio avec deux acolytes – une Américaine et un Espagnol – rencontrés à l’ESAC (l’Ecole Supérieure des Arts du Cirque), à Bruxelles. Le trio, lauréat d’une médaille d’or au Festival Mondial du Cirque de Demain en 2013 et auréolé de plusieurs récompenses dont le prix du public sera présent au Festival du cirque de Moscou en septembre prochain. En parallèle, le trio fait partie d’un collectif en devenir. Michaël et ses partenaires Maya et Ian sont en effet au cœur d’une troupe en création qu’ils forment avec d’autres artistes internationaux, dont un ancien camarade du Cirque Nomade !

Peux-tu nous parler de ton actualité, de tes projets en cours et/ou à venir ?
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© Pablo Wünch Blanco

Michaël : Depuis ma sortie d’école, mes engagements sont principalement avec « Trio Anneaux ». « Trio Anneaux » est un collectif constitué de mes deux partenaires (Maya Kesselman et Ian Vazquez Lopez) et moi-même. Nous avons passé trois ans de formation ensemble à l’Ecole Supérieure des Arts du Cirque de Bruxelles (ESAC) et en sommes sortis en 2012 avec un numéro dans la discipline des anneaux chinois (hoop diving). Je travaille donc beaucoup avec ce numéro, et variations de ce numéro, pour des contrats très différents : galas, événements, cabarets, tournées. Et donc, je travaille aussi avec des compagnies différentes. En parallèle, nous développons un groupe de 7 acrobates constitué de mes deux partenaires de « Trio Anneaux » et moi-même, d’Aurélien Oudot – un ancien du Cirque Nomade également – et de trois autres acrobates, des Américains formés à l’école de Montréal. Ce collectif s’appelle « Back Pocket » et notre but à long terme est de créer notre propre spectacle. En attendant, « Back Pocket » fera partie de la nouvelle création du Cirque du Soleil qui verra sa première en 2016. Nous partons tous les 7 à Montréal en septembre prochain pour travailler sur ce nouveau spectacle.

A quel âge as-tu commencé le cirque ?

Michaël : J’ai commencé le cirque à 10 ans en apprenant à jongler tout seul parce que ma mère m’avait offert 3 balles de jonglage. Cela m’a plu et j’ai continué.

Comment as-tu découvert le Cirque Nomade ?

Michaël : A vrai dire, cela m’a tellement plu que j’ai eu envie d’en faire plus et j’ai notamment commencé à découvrir le cirque via des stages d’été et durant les vacances scolaires. J’ai donc découvert le Cirque Nomade ainsi, à travers des stages, vers l’âge de 11 ans.

A quel moment as-tu envisagé de devenir professionnel et pourquoi avoir rejoint la formation professionnelle du Cirque Nomade ?

Michaël : Je me suis entraîné de plus en plus avec le Cirque Nomade, en prenant des cours, en participant à beaucoup de stages et à de nombreux spectacles. Au fil du temps, cela me plaisait de plus en plus. Je suis donc très naturellement entré en cycle sport/étude au Lycée Jean de La Fontaine en suivant, en parallèle, la formation professionnelle du Cirque Nomade, en 3 ans. Je ne saurais pas vraiment dire à quel moment j’ai décidé de faire du cirque mon métier car jusqu’en terminale j’ai hésité à continuer les sciences. Cela s’est fait naturellement car je pense que cela a toujours été une option quelque part dans ma tête…

Quels souvenirs gardes-tu de cette formation ?
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© Pablo Wünch Blanco

Michaël : La formation professionnelle m’a apporté beaucoup. D’une part, j’ai vécu 3 excellentes années de lycée, beaucoup plus variées et enrichissantes, à mon sens, que les si j’avais été dans une classe qui n’était pas en sport/étude. Cela signifiait plus de travail aussi, mais cela ne m’a pas pesé du tout. J’ai ensuite beaucoup progressé au cours de cette formation et j’y ai appris la plupart des éléments qui m’ont permis d’intégrer une école supérieure. Je remercie tous les professeurs pour cela. J’y ai aussi rencontré des gens qui font maintenant partie de mes plus proches amis et qui sont, pour beaucoup, devenus aussi des artistes professionnels. Nous avons grandi et progressé ensemble et je suis très heureux d’avoir pu créer de tels liens dans ces conditions.

Après cette formation au cirque nomade, tu t’es orienté vers l’ESAC, à Bruxelles : pourquoi ce choix ?

Michaël : Mon projet était de continuer à m’entraîner une année de plus pour ensuite me présenter aux concours des écoles supérieures de cirque qui s’étendent de mars à début juillet. Ma dernière épreuve du bac s’est terminée fin juin et le seul concours encore possible pour cette année-là était celui de l’ESAC à Bruxelles. J’ai donc décidé de tenter ce concours, plus pour l’expérience que cela représentait que par réelle conviction d’être pris, à vrai dire. Mais en fait, j’ai été pris ! On peut donc dire que c’est un peu un hasard si je suis allé à l’ESAC, mais maintenant, avec le recul et une meilleure connaissance du réseau des écoles supérieures de cirque, je pense que c’est l’école qui me correspondait le mieux.

Aujourd’hui, tu évolues avec deux partenaires dans une discipline assez peu répandue finalement : comment s’est formé ce trio ?
© Pablo Wünch Blanco

© Pablo Wünch Blanco

Michaël : Le trio s’est formé aux sélections, c’est là que j’ai rencontré mes deux partenaires actuels. Aucun de nous trois n’avait l’intention d’intégrer l’école dans la discipline des anneaux chinois : l’idée est venue d’une enseignante, Lin Mei, qui est devenue notre enseignante principale durant les trois années de formation à l’école. Elle a été formée en Chine et connaissait donc les anneaux chinois qui est originellement une discipline traditionnelle de son pays. Elle souhaitait constituer un groupe dans l’école depuis quelques années et a finalement trouvé en nous trois un potentiel qui lui plaisait. Nous avons bien sûr appris les mouvements acrobatiques classiques, mais avons aussi passé beaucoup de temps à renouveler la discipline et à nous l’approprier.

Un conseil pour nos futurs candidats à la formation professionnelle ?

Michaël :Avec le recul, je peux dire que les années d’école préparatoire sont déterminantes. Je souhaite donc à tous ceux qui sont intéressés par le cirque d’y entrer et d’y consacrer beaucoup de travail. Mais ce que je peux affirmer aussi, c’est que si l’envie et la passion sont là, donner le meilleur de soi-même se fait de manière naturelle. Moi-même, je n’ai jamais vraiment décidé quoi que ce soit par rapport au cirque, je me suis laissé aller vers ce dont j’avais envie et cela m’a amené à être un artiste professionnel au terme de beaucoup de travail, bien sûr, mais également de beaucoup de plaisir… Donc pas de stress !

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Pour en savoir plus…

Découvrez le collectif « Back Pocket » sur leur page Facebook !

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