Patinoire : spectacle éclectique et personnage survolté

Dans le cadre de la tournée 2016 de son spectacle solo Patinoire, l’artiste québécois Patrick Léonard, l’un des co-fondateurs de la compagnie de cirque Les 7 Doigts de la Main, était en représentation au Carré Bellefeuille, à Boulogne-Billancourt, mardi 22 mars.

AFFICHE_PATINOIRE_)Champion canadien de patins à roulettes, circassien chevronné formé à l’Ecole Nationale de Cirque de Montréal, passé par le cirque Knie (Suisse) et ancien membre du Cirque du Soleil, Patrick Léonard a plus d’une corde à son arc et a pu en faire la démonstration hier, lors de son spectacle d’une heure vingt interprété sur la scène du Carré Bellefeuille. Reconnu pour ses performances comiques en solo – Patrick Léonard a notamment reçu le Prix Nikouline au Festival Mondial du Cirque de Demain, à Paris – l’artiste s’affranchit des limites d’un genre, le cirque en l’occurrence, pour conjuguer humour et performances multiples (équilibres, cascades, tours) et faire appel à diverses influences, qu’elles soient musicales, circassiennes ou encore théâtrales.

Patinoire confine, en ce sens, davantage au one-man show (à l’américaine) qu’au solo de cirque à proprement parler. Personnage clownesque et attachant, bavard et drôle dans son franglais au fort accent québécois, Patrick Léonard s’encourage (« allez Patoche, tu peux le faire ! ») dans ses performances risquées qui met le public en tension tout en l’amusant beaucoup. En effet, lorsque le trublion se décide à escalader une tour à l’équilibre fragile faite d’un empilement d’enceintes, la tension est palpable dans l’assemblée. Si les acrobaties et les équilibres sont fragiles, la performance, elle, est solide. Patrick Léonard règne en maître sur la scène qu’il transforme bien vite en un petit cabinet de curiosités via un décor composé de bric et de broc…

Le public, complice, en redemande. Nous n’avons donc pas boudé notre plaisir lorsqu’une rencontre en bord de scène nous a été proposée après le spectacle. Naturel et sincère, Patrick Léonard s’est prêté avec bienveillance au jeu des questions-réponses. Ce moment d’échange fut l’occasion d’en apprendre plus sur son parcours et sur la création de ce spectacle, né d’une envie, de souvenirs et d’objets amassés au fil des années et d’un besoin profond de reconnaissance. Une reconnaissance sincère, propre à l’artiste qui donne tout sur scène. Patinoire est en cela un clin œil à ce qu’il est prêt à montrer sur scène, en se dépatouillant de situations rocambolesques, empêtré volontairement et pour le plaisir du public dans sa propre mise en scène. S’il « patine » – ou « rame » diront les Français – métaphoriquement, Patrick Léonard maîtrise néanmoins son sujet et la magie du spectacle a pu se prolonger au-delà grâce à cette rencontre exceptionnelle. Drôle et attachant sur scène, il l’est aussi en dehors et a su nous le montrer. Comédien, circassien, metteur en scène et comique, Patrick Léonard n’en demeure pas moins un homme en quête de partage et ce, pour notre plus grand plaisir.

Merci à lui, à la compagnie Les 7 Doigts de la Main et au Carré Bellefeuille pour cette superbe soirée !

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Plus d’infos :

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Le clown Chocolat, en haut de l’affiche…

Difficile de faire l’impasse ces dernières semaines sur la sortie imminente d’un film qui promet de connaître un succès populaire : Chocolat, réalisation de Roschdy Zem relatant d’histoire du premier clown noir de la scène française interprété par le non moins populaire Omar Sy. L’acteur césarisé en 2012 y donne la réplique à un enfant de la balle,  James Thierrée – qui interprète le binôme de Chocolat, le clown Foottit – également connu pour être le petit-fils de Charlie Chaplin.
Pour les lecteurs de notre blog, voici un article consacré au clown Chocolat, à l’occasion de la sortie du film éponyme le 3 février prochain…

chocolat site okCe biopic a d’ores et déjà le mérite de mettre en lumière le parcours atypique d’un artiste de cirque qui a connu un succès fulgurant avant de retrouver l’anonymat et de finir sa vie dans la misère. Le clown Chocolat, de son vrai nom Rafael Padilla, naît dans une famille africaine réduite en esclavage et déportée à Cuba. Devenu orphelin, il est vendu vers l’âge de 10 ans à un marchand. Après s’être enfui à 14 ans, il vit de petits métiers avant de faire la rencontre fortuite du clown blanc Tony Grice. Ironie du sort, c’est le futur partenaire du clown Chocolat, Foottit, qui éclipsera Tony Grice lorsqu’il rencontrera à son tour le succès au Nouveau Cirque, à Paris… Tony Grice fait alors de Rafael Padilla son homme à tout faire mais aussi son partenaire occasionnel dans quelques numéros, impressionné par ses qualités de danseur et par sa force physique… C’est à partir de là que naît son surnom « Chocolat », quolibet raciste qui paraissait totalement anodin en cette époque coloniale et qui contribua à forger l’image « exotique » du personnage… Renvoyé brutalement par Tony Grice, Rafael Padilla alias Chocolat se fait remarquer par Foottit qui évolue alors lui aussi au Nouveau Cirque, haut lieu de divertissement parisien de l’époque. C’est ce dernier qui encourage le directeur du Nouveau Cirque à engager le clown Chocolat indépendamment de Tony Grice. Il rencontre alors rapidement un franc succès avec son pantomime comique « La Noce de Chocolat ».

Une carrière fulgurante

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Foottit et Chocolat (c.1900), studio Walery Paris

Comme on le sait, c’est le duo de Chocolat avec le clown anglais George Foottit qui le fera véritablement accéder à la célébrité. Ensemble, ils créent le duo « Foottit et Chocolat », un binôme passé à la postérité : celui du clown blanc et du clown auguste ; Rafael Padilla incarne le souffre-douleur « nègre » face à Foottit. Les deux compères connaissent la gloire au Nouveau Cirque à partir de 1886. Pendant presque 20 ans, ils enchaînent les tours de piste et leur duo connaît son apogée aux Folies Bergères en 1905 avant leur séparation en 1910. Par la suite, chacun tentera une carrière de son côté. Foottit voulant travailler avec ses trois fils, il part en tournée avec son propre cirque ; quant au clown Chocolat, il eut beaucoup de mal à se maintenir en haut de l’affiche sans son illustre partenaire.

Rafael Padilla s’essaya alors au théâtre et fut, en plus du premier clown noir, l’un des tout premiers comédiens noirs de France. Il obtient un rôle dans Moïse, pièce mise en scène par Firmin Gémier, père du théâtre populaire français, mais revient très vite à l’art du clown et au cirque avec son fils adoptif, Eugène Grimaldi avec qui il monte en 1912 le duo « Tablette et Chocolat ». Comme clown blanc, son fils Eugène obtient un certain succès et reprend même les numéros de son père avec l’un des fils de George Foottit – Georgey – en 1921. Celui-ci est alors le premier clown à venir distraire les enfants dans les hôpitaux.
Malheureusement, Rafael Padilla, qui poursuit difficilement une carrière dans des petits cirques de province, ne renouera jamais avec le succès – tout comme George Foottit – et sombre dans l’alcoolisme. Il tombe dans l’oubli aussi vite qu’il connut la gloire, à une époque où les Noirs restaient considérés comme des citoyens de seconde classe, artistes ou non… Il meurt dans la misère et l’anonymat à l’âge de 49 ans à Bordeaux et est d’ailleurs inhumé dans la partie réservée aux indigents du cimetière protestant de la ville…

Aujourd’hui, grâce au – déjà populaire – film Chocolat, la mémoire de cet artiste précurseur semble réhabilitée. Comme un clin d’œil au destin, c’est le comédien Omar Sy, premier Noir à remporter le César du meilleur acteur en 2012 (pour son rôle dans Intouchables) qui prête ses traits au clown Chocolat, à son époque, premier Noir à avoir une vraie carrière d’artiste de cirque en France…

Un devoir de mémoire

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Chocolat (c.1910) – Photo : Sylvie Mercier Collection

Une exposition itinérante constituée d’une vingtaine de panneaux, intitulée « On l’appelait Chocolat, sur les traces d’un artiste sans nom », est proposée à la Maison des Métallos à Paris du 3 au 28 février 2016 avec le soutien de la Mairie de Paris.

Cette exposition à l’initiative du collectif DAJA – un collectif fondé en 2007 par des enseignants, des artistes du spectacle vivant, des travailleurs sociaux et des chercheurs en sciences sociales -interroge encore aujourd’hui sur les préjugés racistes, les discriminations, les droits de l’homme. D’ailleurs soutenu par la Ligue des Droits de l’Homme, elle relate le parcours de cet artiste oublié, aujourd’hui de nouveau sur le devant de la scène. En 2012, la pièce de théâtre « documentaire » Chocolat Blues, co-écrite par Gérard Noiriel, historien de l’immigration et biographe de Rafael Padilla, auteur de Chocolat clown nègre, l’histoire oubliée du premier artiste noir de la scène française(2012) mais également de Chocolat, la véritable histoire d’un homme sans nom, paru le 13 janvier dernier, a ainsi vu le jour. Gérard Noiriel a également participé à l’écriture d’une autre pièce, mise en scène par Marcel Bozonnet et interprétée par la compagnie des comédiens voyageurs : Chocolat, clown nègre.

Un film actuel

Chocolat, film de Roschdy Zem, à découvrir dans les salles obscures mercredi 3 février, est donc l’occasion de revenir sur l’histoire d’un ancien esclave devenu star du cirque et personnage populaire pendant près de 20 années… Grâce au film, le clown Chocolat connaît actuellement une nouvelle célébrité. Par extension, le long-métrage permettra – on l’espère – de mieux s’intéresser aux artistes qui ont révolutionné/révolutionnent l’art et font ainsi évoluer la société sans souvent s’en rendre compte.

Ce n’est que le 20 janvier dernier, soit presque un siècle après la mort de Rafael Padilla alias « le clown Chocolat », qu’une plaque commémorative à l’emplacement du Nouveau Cirque d’autrefois a été inaugurée en présence d’Anne Hidalgo, Maire de Paris, du réalisateur Roschdy Zem et des comédiens Omar Sy et James Thierrée, ainsi que des descendants des clowns Chocolat et Foottit. Le texte de cette plaque commémorative est le suivant: « Ici, au Nouveau Cirque, Rafael Padilla dit le « Clown Chocolat » (vers 1868-1917), né esclave à Cuba, et Georges Foottit (1864-1921) ont inventé la comédie clownesque associant le Clown Blanc et l’Auguste ». Le 6 février, trois jours après la sortie du film, une autre plaque commémorative, dans le cimetière de Bordeaux où il repose, sera également dévoilée.

Pour en savoir plus :

Cirque(s) du monde à l’honneur sur ARTE…

Le mois de décembre est propice à la magie, à l’émerveillement, aux spectacles… et la télévision n’est pas en reste à cette époque de l’année. Les arts du cirque fascinent autant les petits que les grands et sont mis à l’honneur ce mois-ci sur plusieurs chaînes dont ARTE.

La chaîne culturelle a lancé sa série documentaire Quel Cirque ! proposant plusieurs numéros diffusés du 7 au 18 décembre dernier. La période de Noël sera l’occasion de plusieurs rediffusions que le blog du Cirque Nomade ne peut que vous conseiller !

ARTE fait ainsi la part belle à plusieurs terres de cirque et nous emmène à la visite de cirques du monde entiers, certains très connus, d’autres moins, en compagnie de la célèbre fildefériste Sarah Schwarz, formée chez Annie Fratellini.

    • Le 24 décembre – Quel Cirque ! La Suisse
      Ce n’est pas l’un des pays que l’on associe le plus au cirque, pour autant la Suisse détient une véritable institution dans ce domaine : le cirque Knie, la plus ancienne dynastie circassienne du pays helvète est réputé dans le monde entier, alors même qu’il ne quitte jamais son pays ! Diffusé pour la première fois le 16 décembre, cet épisode sera rediffusé le 24 décembre à 15h55.
      Pour voir l’épisode sur le site d’ARTE cliquez ici. 

 

    • Le 24 décembre – Quel Cirque ! La France
      Cocorico, le cirque français reste l’un des plus renommés au monde… mais demeure surtout associé au style traditionnel et populaire. « Chaque année dans l’Hexagone, 14 millions de personnes prennent place sous les chapiteaux pour savourer la magie de la piste aux étoiles », rappelle ARTE qui nous emmène au Cirque d’Hiver, tenu par une dynastie de cirque réputée, les Bouglione. A découvrir en rediffusion le 24 décembre à 16h15.
      Pour voir l’épisode sur le site d’ARTE cliquez ici. 

 

  • Le 25 décembre – Quel Cirque ! La Russie
    Diffusé le 15 décembre dernier, l’épisode de Quel cirque ! destiné à la Russie retrace l’histoire des arts du cirque dans ce pays, en passant notamment par le célèbre Cirque Bolchoï. Après une première diffusion le 15 décembre, il sera rediffusé le 25 décembre prochain à 17h25.
    Pour voir l’épisode sur le site d’ARTE cliquez ici.
  • Le 25 décembre – Quel Cirque ! Le Québec
    C’est sur cette terre de cirque, où sont nés de nombreuses compagnies et collectifs précurseurs du cirque contemporain, que la série documentaire nous emmène cette fois. Cet épisode nous donne précisément rendez-vous à Montréal où est né, il y a 30 ans, le Cirque du Soleil. Diffusé pour la première fois le 8 décembre dernier, cet épisode dédié au cirque québécois est à revoir le 25 décembre à 17h.
    Pour voir l’épisode sur le site d’ARTE cliquez ici.

Noël sera résolument à l’heure du cirque sur ARTE !

L’Office du Tourisme de Boulogne parle du Cirque Nomade !

En cette semaine du 14 décembre 2015, l’Office du Tourisme de Boulogne-Billancourt met notre école à l’honneur. Nous remercions l’équipe de l’OTBB pour cet interview en 4 questions de Gaël Massot, fondateur et directeur pédagogique du Cirque Nomade. Egalement fondateur et directeur artistique de la compagnie Maboul Troubadour, il est à l’affiche du spectacle jeune public Le Sortilège de Baltazar qui se jouera à Boulogne les 22, 23 et 24 décembre prochain.

(pour lire l’article directement sur le site, cliquez ici)

4 Questions à Gaël Massot – Cirque Nomade

Découvrez l’interview de Gaël Massot, directeur pédagogique du Cirque Nomade et directeur artistique de la compagnie Maboul Troubadour.

4Q - Cirque Nomade - LogoPouvez-vous nous parler des activités du Cirque Nomade ?

Le Cirque Nomade a plusieurs pôles d’activités. Le plus conséquent est la partie école de cirque loisirs qui propose des cours hebdomadaires aux amateurs dès 3 ans. Quel que soit le niveau et les capacités, nos cours sont ouverts à tous ; nous envisageons les arts du cirque comme un vecteur de bien-être et un moyen de faire se rencontrer des personnes de milieux différents.

Outre nos cours, nous proposons des stages de cirque pendant les vacances scolaires. Depuis 2009, une section danse, amateur elle aussi, est venue s’ajouter à notre panel d’activités. Hors ses murs, le Cirque Nomade intervient dans des écoles, des centres de loisirs, des IME (Institut Médico-Éducatif)… pour proposer des ateliers de découverte des arts du cirque adaptés à chaque projet.

Nous détenons également notre propre compagnie professionnelle, Maboul Troubadour, qui compte à son actif un certain nombre de spectacles pour la scène, la rue ou encore des événements prestigieux…

D’où vous est venue l’idée de la création du Cirque Nomade ?

Le Cirque Nomade est né il y a 25 ans, sous le nom d’École des Arts du Cirque et du Spectacle. 
A l’origine, il s’agissait de réaliser un vieux rêve qui m’était très cher. J’ai grandi à Boulogne-Billancourt au sein de « l’habitat communautaire du 14 rue de Sèvres », où des Boulonnais s’unirent pour répondre aux besoins en logement de l’époque, mais pas uniquement : la place laissée aux associations de jeunesse, de sport et de culture était primordiale.

25 ans après, l’association est toujours là et s’est très bien développée puisqu’elle compte près de 500 adhérents aujourd’hui. J’y suis directeur pédagogique mais également directeur artistique de la compagnie Maboul Troubadour. Le Cirque Nomade compte aujourd’hui une douzaine de salariés, majoritairement professeurs de cirque, ainsi que 2 salariés à temps plein au bureau qui gèrent la coordination des cours, les inscriptions, la communication interne et externe de l’association, les projets que nous développons à l’extérieur de la structure, l’administration, etc.

Quels sont les projets du Cirque Nomade pour 2016 ?

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En 2016, nous clôturerons la saison par nos spectacles amateurs de cirque, comme chaque année, et de danse (tous les deux ans). Nous espérons également fêter dignement les 25 ans de notre association début 2016 !

Nous fourmillons aussi d’idées avec notre « petite troupe » : l’an passé, j’ai relancé ce projet qui me tient à cœur, à savoir accompagner nos élèves les plus avancés et motivés dans leur envie de s’investir en dehors des cours, en développant leur potentiel artistique et en se représentant à l’occasion d’événements artistiques et/ou caritatifs notamment, mais aussi en allant voir des spectacles de cirque de haut niveau avec nous, et avec, parfois en prime, la chance de rencontrer les artistes !

Ainsi, nous avons participé au Téléthon à Boulogne-Billancourt avec notre « petite troupe » le 5 décembre dernier, et elle aura l’occasion de se représenter sur scène pour la première partie du dernier spectacle de notre compagnie, Le Sortilège de Baltazar que nous jouerons à l’auditorium de l’Espace Landowski les 22, 23 et 24 décembre 2015. Par ailleurs, ce spectacle, sorti de résidence cet été, se destine à une tournée nationale.

La compagnie artistique fait partie intégrante de l’ADN du Cirque Nomade et nous comptons vraiment développer sa notoriété au même titre que celle de l’école loisir, qui est déjà bien connue des Boulonnais.

D’un point de vue plus personnel, quels sont vos lieux et événements boulonnais préférés ?

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© Coralie Daudin

Mes coups de cœur vont à deux lieux de culture essentiels à notre ville. Tout d’abord, le Carré Belle-Feuille, superbe salle de spectacles, avec une programmation toujours variée et parfois même audacieuse ! Nous avons la chance de travailler souvent avec eux et l’équipe est toujours disponible et efficace. Ensuite, le cinéma d’art et d’essai Landowski, un lieu chaleureux à taille humaine qui propose des films internationaux souvent peu relayés dans les grandes salles. 

  Interview réalisée le 09/12/2015

Prochainement, Le Sortilège de Baltazar

Flyer-Jpeg-1Cliquez sur l’image pour accéder à la page dédiée

Infos pratiques

Le Cirque du Soleil a trouvé ses repreneurs, annonce « Le Monde ».

Fondé en 1984 par deux anciens artistes de rue, Guy Laliberté et Daniel Gauthier, Le Cirque du Soleil est devenu une référence dans le monde du cirque et, au-delà, de l’ « entertainment ». L’entreprise d’origine canadienne est aujourd’hui présente sur tous les continents avec 18 productions : 10 spectacles en tournée mondiale et 8 spectacles fixes. Plus qu’une entreprise artistique, Le Cirque du Soleil est devenu un « label » et développe des activités dérivées des spectacles qu’il produit : événementiels, productions audiovisuelles, merchandising, etc. D’abord détenu totalement par Guy Laliberté, Le Cirque du Soleil appartenait également, depuis 2008, à 20% à deux entreprises basées à Dubaï. Depuis quelques années, Guy Laliberté cherchait un repreneur. C’est aujourd’hui chose faite, annonce Le Monde dans son édition du 20 avril 2015…

(Pour lire l’article directement sur le site du Monde, cliquez ici.)

Le Cirque du Soleil vendu à des investisseurs américains et chinois

Le Monde.fr | 20.04.2015 à 16h55 • Mis à jour le 21.04.2015 à 09h53 |Par Anne Pelouas (Correspondance à Montréal)

Des athlètes du Cirque du Soleil, le 22 octobre 2014.

C’est pour « assurer la pérennité du Cirque du Soleil, accélérer sa croissance et lui permettre de se diversifier dans des secteurs porteurs » que le fondateur du Cirque du Soleil, Guy Laliberté, en cède le contrôle à un consortium dirigé par la société d’investissement américaine TPG Capital. Il en a fait l’annonce lundi 20 avril au siège social du célèbre cirque, à Montréal, mettant ainsi fin aux rumeurs de la semaine précédente.

Evaluée à 1,5 milliard de dollars canadiens (1,1 milliard d’euros), la transaction – dont les détails n’ont pas été confirmés – donne 60 % des parts à TPG, 20 % au groupe  d’investissement chinois Fosun, qui a récemment acquis le Club Med, et 10 % à la Caisse de dépôt et placement du Québec. M. Laliberté, qui détenait encore 90 % des actions de l’entreprise, conserve une participation minoritaire de 10 %.

Lire aussi : Fosun : Le puzzle de « chairman Guo »

La présidence du conseil d’administration sera assurée par le Québécois Mitch Garber, président-directeur général de la société de jeux de hasard Caesars Acquisition Company, dont TPG est l’un des actionnaires, en remplacement de Daniel Lamarre.

« Après avoir passé trente ans à créer la marque du Cirque du Soleil, souligne M. Laliberté, nous avons trouvé avec TPG, Fosun et la Caisse les bons partenaires pour faire accéder le Cirque à l’étape suivante de son évolution en tant que société fondée sur la conviction que les arts et les affaires peuvent collectivement contribuer à rendre le monde meilleur. » A la recherche depuis 2006 d’un partenariat stratégique pour le fleuron économique québécois, M. Laliberté a expliqué qu’un premier accord en 2008 avec Dubai World n’avait pas donné les résultats escomptés, notamment pour cause de crise économique mondiale.

La Chine, « planète en soi »

L’entrée en scène de Fosun dans le capital du Cirque du Soleil ouvre la voie à une forte expansion des affaires du Cirque en Chine, pays qualifié par M. Laliberté de « planète en soi ». TPG a toutefois pris des « engagements contraignants », souligne-t-il, notamment pour le maintien du siège social à Montréal, où travaillent plus de 1 400 des 4 000 employés du Cirque du Soleil.

M. Laliberté, qui se présente comme « créateur et homme d’affaires », a dit souhaiter que l’entente ouvre de nouvelles portes au Cirque du Soleil pour « emmener sa créativité ailleurs que dans le spectacle vivant », sans perdre son âme ni ses valeurs.

A l’origine une troupe québécoise d’amuseurs de rue, le Cirque du Soleil promène son grand chapiteau bleu et jaune partout sur la planète, en plus de produire des spectacles permanents à Las Vegas et à Riviera Maya, au Mexique.

« Pas une vente de feu »

Cette vente n’est « pas une vente de feu », a tenu à préciser M. Laliberté, qui a rappelé que l’entreprise culturelle avait traversé une période difficile en 2012, « après vingt-cinq ans de croissance », pour ensuite reprendre le chemin du développement, avec de grands succès comme le spectacle Michael Jackson : One.

Maître du « divertissement artistique de haute qualité », le Cirque du Soleil n’est nullement en perte de vitesse, selon son fondateur. En plus de ses spectacles sous chapiteau, il développe pour 2018 un projet de parc d’attractions à Nuevo Vallarta, au Mexique, un autre à Ibiza, en Espagne, et travaille à la coproduction de comédies musicales à Broadway. Même si sa part de marché est passée au cours des cinq dernières années de 55 % à 45 % des billets de spectacles à Las Vegas, le Cirque du Soleil en vend onze millions par an, calcule M. Laliberté, soit « plus que tous les spectacles de Broadway ».

 Anne Pelouas (Correspondance à Montréal)