La Danseuse, biopic à découvrir prochainement

A partir du 28 septembre prochain, nous pourrons découvrir au cinéma La Danseuse, premier long-métrage de Stéphanie Di Giusto. Le film revient sur la destinée de Loïe Fuller, danseuse américaine qui connut le succès à Paris avec sa célèbre « danse serpentine ».

la danseuse filmIl y a quelques mois, la distribution du film La Danseuse foulait les marches du Festival de Cannes. Le film a notamment fait parler de lui car Lily-Rose Depp, fille de l’ex-couple star Johnny Depp/Vanessa Paradis, y tient son premier grand rôle. Pourtant, ce n’est pas elle qui tient le haut de l’affiche, mais Soko, qui interprète la danseuse Loïe Fuller, considérée comme une pionnière de la danse moderne.

Née aux Etats-Unis, Loïe Fuller rencontre le succès à Paris, où elle devient rapidement une vedette des Folies Bergères. Célèbre pour sa « danse serpentine » (1891), elle fut la première à inventer et réaliser des scénographies dans lesquelles la lumière est un élément fondamental. Elle captivait son audience en faisant tournoyer des voiles tout autour d’elle, créant ainsi un mouvement fluide et un effet visuel inédit.

La Danseuse revient sur l’ascension de cette artiste avant-gardiste, mais également sur sa rencontre avec Isadora Duncan (Lily-Rose Depp) qui voulut « libérer » la danse de ses codes. Celle-ci éclipsera son aînée, qui reste néanmoins une référence dans l’histoire de la danse, bien que pratiquement oubliée du grand public après sa mort en 1928…

Amateurs de danse et de son histoire, ne manquez pas ce nouveau biopic, en salles le 28 septembre prochain.

Le clown Chocolat, en haut de l’affiche…

Difficile de faire l’impasse ces dernières semaines sur la sortie imminente d’un film qui promet de connaître un succès populaire : Chocolat, réalisation de Roschdy Zem relatant d’histoire du premier clown noir de la scène française interprété par le non moins populaire Omar Sy. L’acteur césarisé en 2012 y donne la réplique à un enfant de la balle,  James Thierrée – qui interprète le binôme de Chocolat, le clown Foottit – également connu pour être le petit-fils de Charlie Chaplin.
Pour les lecteurs de notre blog, voici un article consacré au clown Chocolat, à l’occasion de la sortie du film éponyme le 3 février prochain…

chocolat site okCe biopic a d’ores et déjà le mérite de mettre en lumière le parcours atypique d’un artiste de cirque qui a connu un succès fulgurant avant de retrouver l’anonymat et de finir sa vie dans la misère. Le clown Chocolat, de son vrai nom Rafael Padilla, naît dans une famille africaine réduite en esclavage et déportée à Cuba. Devenu orphelin, il est vendu vers l’âge de 10 ans à un marchand. Après s’être enfui à 14 ans, il vit de petits métiers avant de faire la rencontre fortuite du clown blanc Tony Grice. Ironie du sort, c’est le futur partenaire du clown Chocolat, Foottit, qui éclipsera Tony Grice lorsqu’il rencontrera à son tour le succès au Nouveau Cirque, à Paris… Tony Grice fait alors de Rafael Padilla son homme à tout faire mais aussi son partenaire occasionnel dans quelques numéros, impressionné par ses qualités de danseur et par sa force physique… C’est à partir de là que naît son surnom « Chocolat », quolibet raciste qui paraissait totalement anodin en cette époque coloniale et qui contribua à forger l’image « exotique » du personnage… Renvoyé brutalement par Tony Grice, Rafael Padilla alias Chocolat se fait remarquer par Foottit qui évolue alors lui aussi au Nouveau Cirque, haut lieu de divertissement parisien de l’époque. C’est ce dernier qui encourage le directeur du Nouveau Cirque à engager le clown Chocolat indépendamment de Tony Grice. Il rencontre alors rapidement un franc succès avec son pantomime comique « La Noce de Chocolat ».

Une carrière fulgurante

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Foottit et Chocolat (c.1900), studio Walery Paris

Comme on le sait, c’est le duo de Chocolat avec le clown anglais George Foottit qui le fera véritablement accéder à la célébrité. Ensemble, ils créent le duo « Foottit et Chocolat », un binôme passé à la postérité : celui du clown blanc et du clown auguste ; Rafael Padilla incarne le souffre-douleur « nègre » face à Foottit. Les deux compères connaissent la gloire au Nouveau Cirque à partir de 1886. Pendant presque 20 ans, ils enchaînent les tours de piste et leur duo connaît son apogée aux Folies Bergères en 1905 avant leur séparation en 1910. Par la suite, chacun tentera une carrière de son côté. Foottit voulant travailler avec ses trois fils, il part en tournée avec son propre cirque ; quant au clown Chocolat, il eut beaucoup de mal à se maintenir en haut de l’affiche sans son illustre partenaire.

Rafael Padilla s’essaya alors au théâtre et fut, en plus du premier clown noir, l’un des tout premiers comédiens noirs de France. Il obtient un rôle dans Moïse, pièce mise en scène par Firmin Gémier, père du théâtre populaire français, mais revient très vite à l’art du clown et au cirque avec son fils adoptif, Eugène Grimaldi avec qui il monte en 1912 le duo « Tablette et Chocolat ». Comme clown blanc, son fils Eugène obtient un certain succès et reprend même les numéros de son père avec l’un des fils de George Foottit – Georgey – en 1921. Celui-ci est alors le premier clown à venir distraire les enfants dans les hôpitaux.
Malheureusement, Rafael Padilla, qui poursuit difficilement une carrière dans des petits cirques de province, ne renouera jamais avec le succès – tout comme George Foottit – et sombre dans l’alcoolisme. Il tombe dans l’oubli aussi vite qu’il connut la gloire, à une époque où les Noirs restaient considérés comme des citoyens de seconde classe, artistes ou non… Il meurt dans la misère et l’anonymat à l’âge de 49 ans à Bordeaux et est d’ailleurs inhumé dans la partie réservée aux indigents du cimetière protestant de la ville…

Aujourd’hui, grâce au – déjà populaire – film Chocolat, la mémoire de cet artiste précurseur semble réhabilitée. Comme un clin d’œil au destin, c’est le comédien Omar Sy, premier Noir à remporter le César du meilleur acteur en 2012 (pour son rôle dans Intouchables) qui prête ses traits au clown Chocolat, à son époque, premier Noir à avoir une vraie carrière d’artiste de cirque en France…

Un devoir de mémoire

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Chocolat (c.1910) – Photo : Sylvie Mercier Collection

Une exposition itinérante constituée d’une vingtaine de panneaux, intitulée « On l’appelait Chocolat, sur les traces d’un artiste sans nom », est proposée à la Maison des Métallos à Paris du 3 au 28 février 2016 avec le soutien de la Mairie de Paris.

Cette exposition à l’initiative du collectif DAJA – un collectif fondé en 2007 par des enseignants, des artistes du spectacle vivant, des travailleurs sociaux et des chercheurs en sciences sociales -interroge encore aujourd’hui sur les préjugés racistes, les discriminations, les droits de l’homme. D’ailleurs soutenu par la Ligue des Droits de l’Homme, elle relate le parcours de cet artiste oublié, aujourd’hui de nouveau sur le devant de la scène. En 2012, la pièce de théâtre « documentaire » Chocolat Blues, co-écrite par Gérard Noiriel, historien de l’immigration et biographe de Rafael Padilla, auteur de Chocolat clown nègre, l’histoire oubliée du premier artiste noir de la scène française(2012) mais également de Chocolat, la véritable histoire d’un homme sans nom, paru le 13 janvier dernier, a ainsi vu le jour. Gérard Noiriel a également participé à l’écriture d’une autre pièce, mise en scène par Marcel Bozonnet et interprétée par la compagnie des comédiens voyageurs : Chocolat, clown nègre.

Un film actuel

Chocolat, film de Roschdy Zem, à découvrir dans les salles obscures mercredi 3 février, est donc l’occasion de revenir sur l’histoire d’un ancien esclave devenu star du cirque et personnage populaire pendant près de 20 années… Grâce au film, le clown Chocolat connaît actuellement une nouvelle célébrité. Par extension, le long-métrage permettra – on l’espère – de mieux s’intéresser aux artistes qui ont révolutionné/révolutionnent l’art et font ainsi évoluer la société sans souvent s’en rendre compte.

Ce n’est que le 20 janvier dernier, soit presque un siècle après la mort de Rafael Padilla alias « le clown Chocolat », qu’une plaque commémorative à l’emplacement du Nouveau Cirque d’autrefois a été inaugurée en présence d’Anne Hidalgo, Maire de Paris, du réalisateur Roschdy Zem et des comédiens Omar Sy et James Thierrée, ainsi que des descendants des clowns Chocolat et Foottit. Le texte de cette plaque commémorative est le suivant: « Ici, au Nouveau Cirque, Rafael Padilla dit le « Clown Chocolat » (vers 1868-1917), né esclave à Cuba, et Georges Foottit (1864-1921) ont inventé la comédie clownesque associant le Clown Blanc et l’Auguste ». Le 6 février, trois jours après la sortie du film, une autre plaque commémorative, dans le cimetière de Bordeaux où il repose, sera également dévoilée.

Pour en savoir plus :

« Comme ils respirent », un documentaire à découvrir le 18 novembre

Ils dansent comme ils respirent, ou en tout cas c’est ce que l’on tend à croire quand on les voit évoluer sur scène, glisser gracieusement comme des cygnes sur l’eau… « Ils », ce sont les danseurs professionnels de manière générale, ceux qui nous font rêver dans les ballets classiques, nous époustouflent dans les battles de hip-hop ou nous ébahissent dans des chorégraphies moderne ou contemporaine. « Ils », en particulier, ce sont 4 jeunes danseurs dont on suit l’évolution, la vie et les rêves dans Comme ils respirent, le long-métrage de Claire Patronik qui sort en salles mercredi prochain, le 18 novembre.

comme ils respirent afficheClaire Tran, Anna Chirescu, Hugo Mbeng, Louise Djabri et Claire Patronik (danseuse, réalisatrice et productrice exécutive) sont les cinq protagonistes de ce documentaire. Les cinq jeunes gens nous livrent leur vision de la danse. Claire Patronik, danseuse elle-même, a finalement décidé de se tourner vers une autre voie professionnelle, l’audiovisuel, après des années de conservatoire. Comme ils respirent est son premier documentaire en tant que réalisatrice. Les quatre danseurs qu’elle filme sont, comme elle, des anciens élèves du Conservatoire National de Paris. Mais, contrairement à elle, ils ont décidé de faire de leur passion première, la danse, leur métier.

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Avec Comme ils respirent, Claire Patronik avait pour projet de proposer un point de vue
différent sur le difficile milieu de la danse :
« Les documentaires restent trop souvent centrés sur la mythologie du petit rat ou les grandes stars de la danse. Je voulais parler à ma manière de la danse, en montrer une image différente. », explique-t-elle.
La réalisatrice a voulu également passer de l’autre côté de la caméra et a ainsi repris des cours de danse intensifs pour retrouver ses acquis. Défi supplémentaire : la mise en place d’une chorégraphie de groupe que les spectateurs pourront découvrir à la fin de ce long-métrage ; un challenge pour ses danseurs qui s’étaient perdus de vue il y a dix ans et dont les styles de danse diffèrent aujourd’hui…

Sortie dans les salles mercredi 18 novembre 2015.

Pockemon Crew de retour sur scène !

Du parvis de l’Opéra de Lyon où il est né dans les années 90, aux salles de spectacle, il n’y a apparemment qu’un pas que le collectif Pockemon Crew a su franchir avec succès.

Aujourd’hui le « crew » le plus titré au monde sur le circuit des battles, issu de la ville de Lyon, berceau français de la danse, remplit les salles et jouit d’une notoriété internationale. Avec à leur actif plusieurs pièces chorégraphiques, les danseurs de ce collectif de hip-hop qui s’illustrent autant dans les battles et concours que sur scène à travers leur compagnie, participent à faire reconnaître les danses urbaines comme des disciplines à part entière et ont largement contribué à populariser et démocratiser le hip-hop…

Leur dernière création, Silence, on tourne !, sous la direction artistique de Riyad Fshani, a déjà rencontré un franc succès en France, où elle a été présentée pour la première fois, en 2012, au festival Suresnes Cités Danse puis jouée notamment à La Cigale, à Paris, en 2013, avant de partir en tournée nationale et internationale, notamment en Asie, d’où les Pockemon Crew sont récemment revenus.

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Silence, on tourne !
 établit un lien entre le cinéma des années 30 et 40 et les origines du mouvement hip-hop aux Etats-Unis. La troupe de hip-hopeurs de ce spectacle évolue dans une ambiance très new-yorkaise et renoue avec l’esthétique en noir et blanc du début du siècle dernier. Hommage au septième art, ce spectacle est aussi un clin d’œil à la ville d’origine des danseurs, Lyon, où les Frères Lumière inventèrent le cinéma au XIXe siècle.

« Silence, on tourne ! (…) se situe entre deux univers artistiques, celui du cinéma d’avant-guerre et celui des danses urbaines d’aujourd’hui. Entre ces deux mondes, la magie opère et les liens entre le cinéma en noir et blanc et une danse tout en couleurs sont presque fusionnels. »
La Dépêche du Midi (12/02/2014)

« A travers des décors et des costumes inspirés par les classiques du cinéma, les danseurs emmènent le public dans un voyage chorégraphique et musical agrémenté de prouesses physiques spectaculaires. »
Manila Standard Today (29/05/2014)

« Le hip-hop à son meilleur niveau. »
Lanouvellerepublique.fr (19/08/2014)

Bonne nouvelle : les Pockemon Crew repartent sillonner la France et rejouent Silence, on tourne ! Ils seront de passage en région parisienne et notamment à Boulogne-Billancourt pour une représentation unique au Carré Bellefeuille le vendredi 20 mars prochain. Chers adhérents : nous vous proposons des places à 12,50 €, alors profitez-en, c’est un spectacle à ne pas manquer !