Sur les pas d’Ohad Naharin… au cinéma le 1er juin

Mr. Gaga (sur les pas d’Ohad Naharin), long-métrage documentaire consacré au chorégraphe Ohad Naharin, sortira en France le 1er juin 2016. En Israël, son pays, le film a rencontré un succès inattendu.

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Minus 2 (2010)

Le célèbre chorégraphe de la non moins célèbre Batsheva Dance CompanyOhad Naharin, est au centre d’un documentaire réalisé par son compatriote Tomer Heymann. La sortie du film en début d’année en Israël n’a pas laissé les critiques indifférents :

« Mr. Gaga […] est une lettre d’amour à un artiste israélien qui transforme le corps en un instrument narratif, gommant avec brio les frontières entre fiction et réalité. » – Neta Alexander, Haaretz (quotidien national israélien)

« La création cinématographique la plus belle et la plus importante jamais réalisée sur la danse en Israël » – Tal Levin, rédacteur-en-chef, Achbar Ha’Ir (journal hebdomadaire gratuit de Tel-Aviv)

Depuis 1990, Ohad Naharin créé des pièces originales pour la Batsheva, cofondée par Martha Graham, auprès de qui il s’est notamment formé. Fidèle à la compagnie où il a fait ses premières armes en tant que danseur, en 1974, Ohad Naharin est aujourd’hui renommé sur la scène internationale de la danse contemporaine.

Malgré ses prises de positions contestataires à l’endroit de la politique d’Israël, cet artiste n’en reste pas moins très attaché à son pays, mais aussi à son indépendance créatrice, qu’il revendique. « Je vis dans un pays qui est gagné par le racisme, la brutalité, l’ignorance, un mauvais usage de la force, le fanatisme. Cela s’exprime dans la façon dont nous avons choisi notre gouvernement (…) Un gouvernement qui ne met pas seulement en danger mon travail d’artiste, mais le fait même d’exister ici, dans ce pays que j’aime tant ». 

Fondateur de la « Gaga dance » d’où il tire son surnom – Mr. Gaga – qui sert de titre au documentaire qui lui est consacré, Ohad Naharin se dévoile et dévoile son processus créatif tout au long du film. Créé pour libérer le corps des danseurs, ce langage chorégraphique est emblématique de son travail : « La technique ou la méthode Gaga est née du besoin de communiquer avec mes danseurs et de celui de prendre soin de mon corps. C’est une boîte à outils pour aller au-delà de ses limites familières et pour faire évoluer sa danse dans le style de son choix. Les concepts de Gaga sont, par exemple, de percevoir les endroits atrophiés de son corps, de travailler sur la vitesse, le cardio, la bonne utilisation des muscles, de comprendre la structure du squelette… Il s’agit d’apprendre à mieux connaître ses habitudes physiques, à écouter ses sensations, à se connecter avec l’animal que nous sommes. Dans le plaisir et l’efficacité. J’ai baptisé ma méthode de travail Gaga parce que ma mère m’a dit que c’est le premier mot que j’ai prononcé. » (extrait d’une interview du 19/04/2013 parue dans M le magazine du Monde, à lire ici).

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Le film éponyme Mr. Gaga (sur les pas d’Ohad Naharin) mêle interviews de danseurs de la compagnie, du chorégraphe lui-même mais aussi des images d’archives telles que des films amateurs de son enfance ou des séances de répétitions.
A découvrir en salles le 1er juin 2016.

Pietragalla et Derouault à l’honneur dans Télérama

Ils forment un couple phare de la scène chorégraphique française depuis plus de 15 ans. Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault nourrissent leur relation de leur passion commune pour la danse et inversement. Leur compagnie, le Théâtre du Corps Pietragalla-Derouault, vient d’ajouter à son répertoire une nouvelle création dans laquelle les deux danseurs interrogent la notion de couple : rapport à l’autre, rapport à soi, en passant par cette troisième entité qui est « nous ».

https://i2.wp.com/icon.telerama.fr/autopromoslider/TELD3430_Inegalites.jpgJe t’ai rencontré par hasard a démarré sa tournée aux Folies Bergères à Paris le 9 février (où le couple de danseurs sera en représentation jusqu’au 21 février). Nous avons eu la chance de rencontrer ces deux artistes à l’occasion de la représentation du solo Être ou Paraître interprété par Julien Derouault le 12 janvier dernier au Carré Bellefeuille, à Boulogne. « Pietra » comme elle est communément nommée nous présentait à cette occasion le nouveau spectacle de ce couple phare de la danse contemporaine en France. Nous la retrouvons cette semaine aux côtés de son partenaire de vie et de scène, Julien Derouault, dans Télérama qui leur consacre un interview.

(Pour lire cet entretien dans son intégralité sur le site de télérama, cliquez ici.)

 

Pietragalla / Derouault : “La danse est une philosophie de vie. Même si notre fille en a parfois ras le bol”

"Nous avons chorégraphié et dansé vingt-cinq spectacles ensemble depuis seize ans. Nous n'avons, sauf exception, pas d'autres partenaires en scène". Julien Derouault
Ces corps-là se connaissent : sur scène, le couple de danseurs réinvente la vie commune. Et fait valser amour et formica, abandon et habitude.

Est-ce votre histoire de couple que vous mettez en scène dans ce nouveau duo ?

Marie-Claude Pietragalla : Le titre, Je t’ai rencontré par hasard, est celui d’une chanson de Ferré. Bien sûr, c’est une pièce intime, mais en même temps universelle. L’idée était de raconter deux solitudes qui vont former un couple et un personnage à part entière. Pour nous, 1 + 1 n’égale pas 2, mais 3.

Julien Derouault : Nous évoquons le mouvement des sentiments mais aussi la routine de la vie. Les béquilles de Pietra lorsqu’elle était blessée sont présentes sur le plateau par exemple. A partir du choc amoureux, nous racontons comment ce couple va perdurer dans le temps. Nous avons aussi choisi des extraits de textes référents pour nous accompagner, comme Phèdre, de Racine.

Quelle est votre méthode de travail en studio ?

J.D. : Nous avons chorégraphié et dansé vingt-cinq spectacles ensemble depuis seize ans. Nous n’avons, sauf exception, pas d’autres partenaires en scène. Nos habitudes de travail sont d’abord corporelles. Elle tombe, je sais où la récupérer ; elle pirouette et je suis là… Nous pouvons nous abandonner l’un à l’autre. Mais nous nous réservons des surprises. Tout ce qui est figé est mort.

M.C.P. : Nous créons dans une sorte de partie de ping-pong. On parle beaucoup, on se regarde mutuellement improviser, chacun prenant le relais de l’autre. On peut évidemment ne pas être d’accord mais le bateau doit arriver au port. Toutes les décisions artistiques se font ensemble.

Concrètement, dans la danse, quels sont vos points communs et vos différences ?

M.C.P. : Nous respirons de la même façon en dansant. Nous avons la même énergie. Chacun de nos gestes en amène un autre qui se répercute en ricochet sur un troisième. C’est comme ça que se construit notre mouvement. Personnellement, j’ai une gestuelle fluide, aérienne tandis que Julien est plus animal, avec un rapport au sol proche de l’énergie hip-hop.

J.D. : Nous doutons toujours de ce que nous faisons. Nous nous posons sans cesse des questions sur le sens des spectacles, leur finalité. Le doute conserve l’enfance et la créativité. Il faut rester vivant dans le travail.

Le fait que Pietra, très en vue avec l’émission « Danse avec les stars », soit plus célèbre entraîne-t-il un déséquilibre dans le couple ?

M.C.P. : Pas de combats narcissiques ni de luttes d’ego chez nous. Je fais très attention à ce que Julien soit présent sur tout. Nous créons ensemble.

Vous arrive-t-il de débrancher lorsque vous rentrez à la maison ?

M.C.P. : Impossible de compartimenter sa vie. Rêver est notre métier et on ne peut pas s’arrêter de rêver.

J.D. : Nous sommes passionnés tous les deux. La danse est une philosophie de vie. Même si notre fille, Lola, 11 ans, en a parfois ras le bol.

Deux célèbres chorégraphes asiatiques bientôt à Saint-Quentin…

Le Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines (78) met à l’honneur deux chorégraphes asiatiques en ce mois d’octobre.
L’établissement propose cette année encore une riche programmation (théâtre, cirque, danse) et accueillera notamment deux grands noms de la scène chorégraphique asiatique très prochainement.

dancing_grandmothersLe 10 octobre le Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines recevra Eun-Me Ahn, surnommée la « Pina Bausch de Séoul », et ses « Dancing Grandmothers ». Traduire : « grand-mères qui dansent ». Cette chorégraphe coréenne, à la tête de sa propre compagnie depuis 1986, aime le mélange des genres, cultive le goût du contraste et allie modernité et tradition. Dans sa pièce Dancing Grandmothers, Eun-Me Ahn marie passé et présent, associe folklore et musique techno. La Coréenne est partie à la rencontre de femmes âgées de 60 à 90 ans en sillonnant les provinces coréennes. Intégrées aux 9 jeunes danseurs professionnels de sa troupe, les 12 mamies qu’elle a ainsi « recrutées » dansent sur les tubes de leur jeunesse. De la réaction des danseurs, de ces rencontres improbables et des images filmées dans leurs villages respectifs est ainsi né un spectacle à part entière et inter-générationnel.

  • Dancing Grandmothers au Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines le 10 octobre à 20h30.

Les 14 et 15 octobre prochains, ce sera au tour de Kaori Ito d’investir la scène du théâtre yvelinois. La nouvelle création de la chorégraphe japonaise, Je danse parce que je me méfie des mots, y entame sa tournée après 15 jours de résidence dans les murs du théâtre de Saint-Quentin. Questionnant la relation entre un père (le sien) et une fille (elle-même) ce nouveau spectacle interroge notamment sur la distance autant géographique qu’émotionnelle qui peut séparer une personne de sa famille. Dans son nouveau spectacle elle se met ainsi en scène avec son père Hiroshi, sculpteur renommé au Japon. Cette rencontre à la fois intime et artistique sonde le lien entre ces deux protagonistes par-delà l’éloignement géographique et les clivages culturels et générationnels.

« La distance nous oblige à manifester l’amour autrement, de manière plus subtile. Au Japon, on ne montre pas ses sentiments. (…) Vivant à l’autre bout du monde, on a la sensation de devenir étranger à sa propre famille, on perd une relation concrète. Peut-être que le dessein de ce spectacle est la danse que nous ferons ensemble, après avoir dit ce qui peut l’être par la parole. »

kaori itoAinsi témoigne la danseuse et chorégraphe, séparée de ses proches par des milliers de kilomètres depuis maintenant une dizaine d’années. Je danse parce que je méfie des mots est donc un dialogue intime et chorégraphique… Après deux premières dates à Saint-Quentin, la dernière création de la prolifique chorégraphe nippone partira en tournée pour revenir en région parisienne début 2016 : à la Ferme du Buisson à Marne-la-Vallée (77) les 29 et 30 janvier puis à Jean Vilar à Suresnes (92) les 8 et 9 mars 2016.

  • Je danse parce que je me méfie des mots au Théâtre de Saint-Quentin en Yvelines, le 14 octobre à 20h30 et le 15 octobre à 19h30.——-
  • Plus d’informations sur la programmation du Théâtre de Saint-Quentin et sur ces deux spectacles en cliquant ici.