Chaillot rebaptisé

Didier Deschamps, non, non, pas le sélectionneur de l’équipe de France de football, mais son homonyme à la direction générale du Théâtre National de Chaillot, a annoncé la semaine dernière, en marge de la présentation de la saison 2016/2017 que le théâtre serait désormais renommé Théâtre National de la Danse.

Si cela n’empêchera pas le bien nommé de proposer toujours du théâtre, ce changement de nom marque la volonté du lieu, l’un des 5 théâtres nationaux, d’être une scène privilégiée pour accueillir les grands noms de cet art vivant.
Depuis, le théâtre affiche fièrement son nouveau logo.

Le site Danser, Canal historique – né de feu le magazine Danser – revient sur cette annonce.

(Pour lire directement l’interview sur le site de Danser, Canal historique : cliquez ici.)

Chaillot devient « Théâtre National de la Danse »

Didier Deschamps © Nicolas Krief

En présentant la programmation de la saison 2016/17, Didier Deschamps, directeur général du Théâtre National de Chaillot – et candidat à sa propre succession, son mandat s’achevant à la fin de la saison en cours – a annoncé une nouveauté historique : Le Théâtre National de Chaillot, qui portait déjà dans son logo la mention « Danse/Théâtre » est désormais officiellement « Théâtre National de la Danse ». Le soir même, en ouvrant la présentation de la saison au public, il a donc pu commencer par un « Bonsoir, merci, et bienvenue au Théâtre National de la Danse, à Chaillot ! »

Ca change ! Reste à changer le logo sur le site internet…

Sur les détails, Deschamps s’est expliqué, lors de la conférence de presse, l’après-midi du même jour, comme suit: « J’ai absolument voulu, avec la compréhension du Ministère de la Culture, que l’un des cinq théâtres nationaux soit identifié comme un théâtre de la danse. Et Mme la ministre m’a assuré qu’il n’était absolument pas question de revenir sur la vocation chorégraphique du Théâtre National de Chaillot. Mais Chaillot continue à programmer du théâtre, parce que la danse est chaleureuse et accueillante. »

Le symbole étant acquis, il faut le placer dans son contexte. Et dans l’immédiat, Chaillot étant toujours privé de sa deuxième salle (Firmin Gémier, en pleine construction – on y reviendra), le nombre de spectacles accueilli pendant la saison ne peut augmenter. Au contraire, il baisse, d’une quarantaine en 2015/16 à une trentaine, pour pouvoir accueillir des séries de spectacles plus longues. Mais la situation des artistes chorégraphiques, et les conditions dans lesquelles ils créent leurs œuvres, concerne les tutelles dans toute leur complexité.

Didier Deschamps: « Il est important que parmi les cinq théâtres nationaux, l’un soit dirigé par des personnes venant du monde de la danse, et c’est d’autant plus important qu’on constate, quand on est à l’écoute des artistes chorégraphiques, qu’il y a une forte régression des conditions d’exercice de la danse, que ce soit pour les danseurs ou les chorégraphes. Les conditions de production évoluent de façon très préoccupante, et en diffusion, les séries de trois ou quatre représentations se réduisent de plus en plus souvent à deux, à une seule ou sont entièrement annulées. Quand on voit qu’il y a de moins en moins de conseillers dans les DRAC qui sont issus de cette profession et en connaissent les spécificités… La danse n’a pas vocation à se trouver  sous la tutelle des autres disciplines artistiques et de logiques de pensée et d’organisation qui ont été conçues à d’autres époques, pour répondre à d’autres nécessités. »

Thomas Hahn

La présentation de la saison 2016/17 est sur le site web de Chaillot :

http://theatre-chaillot.fr/danse/presentation-de-la-saison-1617

« Etoiles » : une expo pour un duo au firmament

Elephant Paname, centre d’arts et de danse, situé à deux pas de l’Opéra Garnier, s’est vite positionné comme un lieu incontournable des passionnés de la danse dans la capitale. Elephant Paname propose des cours de danse, met à disposition des studios pour les résidences d’artistes mais est également un lieu de rencontres, d’échanges et d’expositions. Depuis le 29 janvier et jusqu’au 29 mai prochain, le lieu met à l’honneur le couple de danseurs étoiles Nicolas Le Riche et Clairemarie Osta dans une exposition qui leur est consacrée.

Nicolas Le Riche et Clairemarie Osta sont tous deux des grands danseurs et figures emblématiques du Ballet National de l’Opéra de Paris. Ces jeunes « retraités » de cette institution française sont les stars de l’exposition que leur dédie Elephant Paname depuis le 29 janvier. Couple à la scène comme à la ville, ces deux danseurs étoiles de renommée internationale continuent à nous émerveiller.

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Nicolas Le Riche dans Le Jeune homme et la Mort – copyright : Jacques Moatti

Nicolas Le Riche entre à l’école de danse de l’Opéra de Paris à l’âge de 10 ans et y fera par la suite une brillante carrière. Intégré au corps de ballet à 16 ans, il est nommé étoile par Patrick Dupont en 1993 à seulement 21 ans. Après avoir atteint l’âge fatidique de la retraite à l’Opéra de Paris, le danseur alors âgé de 42 ans y fait ses adieux le 9 juillet 2014. S’ensuit une tournée d’adieu, baptisée Itinérances, que nous avions eu la chance de voir à Boulogne-Billancourt, au Carré Bellefeuille, la saison dernière…
Clairemarie Osta intègre quant à elle le corps de ballet de l’Opéra national de Paris en 1988 à l’âge de 18 ans après une formation au Conservatoire supérieur de musique et de danse de Paris suivie d’un an de formation à l’école de danse de l’Opéra de Paris. Promue étoile en 2002, elle fait ses adieux à l’Opéra de Paris 10 ans plus tard, le 13 mai 2012, à l’occasion de la dernière représentation de L’Histoire de Manon de la saison 2011/2012 de l’Opéra Garnier.

L’exposition « Etoiles » se penche sur ce couple inspirant et nous plonge au cœur de la vie de ces deux artistes grâce à des photos, des vidéos, des costumes, des accessoires, des objets personnels, mais aussi à travers des spectacles… « Etoiles » nous fait découvrir ou redécouvrir la carrière impressionnante de ce duo. Elephant Paname organise également des rendez-vous exceptionnels autour de cette exposition, dont 4 sont au programme en avril et en mai prochain.

Retrouvez toutes les informations sur l’exposition sur le site d’Elephant Paname, en cliquant ici.

Infos pratiques : 9 € tarif plein, 7 € tarif réduit, gratuit pour les moins de 10 ans

 

(Des)illusions au Théâtre Le Monfort à Paris

Le Montfort, théâtre parisien (15 e arrondissement) confirme cette saison encore sa volonté de faire découvrir des talents de la scène actuelle dans quatre arts qu’elle met au menu de sa programmation 2016 : théâtre, danse, musique et cirque.
L’établissement parisien propose de nouveau cette année son festival « (Des)illusions » non seulement dédié à ces quatre disciplines mais aussi voué à créer des passerelles entre elles.

Dès aujourd’hui, jeudi 10 mars 2016 et jusqu’au 3 avril prochain, au théâtre Le Montfort, les spectateurs pourront découvrir une programmation riche. Fort du succès de la précédente édition, le Montfort propose cette saison quatre semaines de spectacles et d’émotions !

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« Noos » © Clément Cebe

Parmi les spectacles à découvrir, côté cirque, l’artiste Mathurin Bolze propose un duo avec Karim Mesaoudi dans Fenêtres. Le duo formé par la voltigeuse Justine Berthillot et le porteur Frederi Vernier continue son bonhomme de chemin et présente Noos qui étudie la relation qui nous lie à l’autre à travers de nombreuses prouesses et beaucoup d’émotions. Quant au spectacle TU, il met en scène Olivier Meyrou avec Matias Pilet dans un spectacle intimiste qui interroge sur les origines d’un mouvement acrobatique…

Côté danse, la Japonaise Kaori Ito propose un duo incongru avec Olivier Martin-Salvan dans un spectacle au nom tout aussi original : Religieuse à la Fraise. Le spectacle Questcequetudeviens d’Aurélien Bory met quant à lui le flamenco à l’honneur au sein de ce festival inter-disciplinaire.

Plus d’informations (et réservations) sur le site du théâtre Le Montfort, en cliquant ici.

Pietragalla et Derouault à l’honneur dans Télérama

Ils forment un couple phare de la scène chorégraphique française depuis plus de 15 ans. Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault nourrissent leur relation de leur passion commune pour la danse et inversement. Leur compagnie, le Théâtre du Corps Pietragalla-Derouault, vient d’ajouter à son répertoire une nouvelle création dans laquelle les deux danseurs interrogent la notion de couple : rapport à l’autre, rapport à soi, en passant par cette troisième entité qui est « nous ».

https://i2.wp.com/icon.telerama.fr/autopromoslider/TELD3430_Inegalites.jpgJe t’ai rencontré par hasard a démarré sa tournée aux Folies Bergères à Paris le 9 février (où le couple de danseurs sera en représentation jusqu’au 21 février). Nous avons eu la chance de rencontrer ces deux artistes à l’occasion de la représentation du solo Être ou Paraître interprété par Julien Derouault le 12 janvier dernier au Carré Bellefeuille, à Boulogne. « Pietra » comme elle est communément nommée nous présentait à cette occasion le nouveau spectacle de ce couple phare de la danse contemporaine en France. Nous la retrouvons cette semaine aux côtés de son partenaire de vie et de scène, Julien Derouault, dans Télérama qui leur consacre un interview.

(Pour lire cet entretien dans son intégralité sur le site de télérama, cliquez ici.)

 

Pietragalla / Derouault : “La danse est une philosophie de vie. Même si notre fille en a parfois ras le bol”

"Nous avons chorégraphié et dansé vingt-cinq spectacles ensemble depuis seize ans. Nous n'avons, sauf exception, pas d'autres partenaires en scène". Julien Derouault
Ces corps-là se connaissent : sur scène, le couple de danseurs réinvente la vie commune. Et fait valser amour et formica, abandon et habitude.

Est-ce votre histoire de couple que vous mettez en scène dans ce nouveau duo ?

Marie-Claude Pietragalla : Le titre, Je t’ai rencontré par hasard, est celui d’une chanson de Ferré. Bien sûr, c’est une pièce intime, mais en même temps universelle. L’idée était de raconter deux solitudes qui vont former un couple et un personnage à part entière. Pour nous, 1 + 1 n’égale pas 2, mais 3.

Julien Derouault : Nous évoquons le mouvement des sentiments mais aussi la routine de la vie. Les béquilles de Pietra lorsqu’elle était blessée sont présentes sur le plateau par exemple. A partir du choc amoureux, nous racontons comment ce couple va perdurer dans le temps. Nous avons aussi choisi des extraits de textes référents pour nous accompagner, comme Phèdre, de Racine.

Quelle est votre méthode de travail en studio ?

J.D. : Nous avons chorégraphié et dansé vingt-cinq spectacles ensemble depuis seize ans. Nous n’avons, sauf exception, pas d’autres partenaires en scène. Nos habitudes de travail sont d’abord corporelles. Elle tombe, je sais où la récupérer ; elle pirouette et je suis là… Nous pouvons nous abandonner l’un à l’autre. Mais nous nous réservons des surprises. Tout ce qui est figé est mort.

M.C.P. : Nous créons dans une sorte de partie de ping-pong. On parle beaucoup, on se regarde mutuellement improviser, chacun prenant le relais de l’autre. On peut évidemment ne pas être d’accord mais le bateau doit arriver au port. Toutes les décisions artistiques se font ensemble.

Concrètement, dans la danse, quels sont vos points communs et vos différences ?

M.C.P. : Nous respirons de la même façon en dansant. Nous avons la même énergie. Chacun de nos gestes en amène un autre qui se répercute en ricochet sur un troisième. C’est comme ça que se construit notre mouvement. Personnellement, j’ai une gestuelle fluide, aérienne tandis que Julien est plus animal, avec un rapport au sol proche de l’énergie hip-hop.

J.D. : Nous doutons toujours de ce que nous faisons. Nous nous posons sans cesse des questions sur le sens des spectacles, leur finalité. Le doute conserve l’enfance et la créativité. Il faut rester vivant dans le travail.

Le fait que Pietra, très en vue avec l’émission « Danse avec les stars », soit plus célèbre entraîne-t-il un déséquilibre dans le couple ?

M.C.P. : Pas de combats narcissiques ni de luttes d’ego chez nous. Je fais très attention à ce que Julien soit présent sur tout. Nous créons ensemble.

Vous arrive-t-il de débrancher lorsque vous rentrez à la maison ?

M.C.P. : Impossible de compartimenter sa vie. Rêver est notre métier et on ne peut pas s’arrêter de rêver.

J.D. : Nous sommes passionnés tous les deux. La danse est une philosophie de vie. Même si notre fille, Lola, 11 ans, en a parfois ras le bol.

Le clown Chocolat, en haut de l’affiche…

Difficile de faire l’impasse ces dernières semaines sur la sortie imminente d’un film qui promet de connaître un succès populaire : Chocolat, réalisation de Roschdy Zem relatant d’histoire du premier clown noir de la scène française interprété par le non moins populaire Omar Sy. L’acteur césarisé en 2012 y donne la réplique à un enfant de la balle,  James Thierrée – qui interprète le binôme de Chocolat, le clown Foottit – également connu pour être le petit-fils de Charlie Chaplin.
Pour les lecteurs de notre blog, voici un article consacré au clown Chocolat, à l’occasion de la sortie du film éponyme le 3 février prochain…

chocolat site okCe biopic a d’ores et déjà le mérite de mettre en lumière le parcours atypique d’un artiste de cirque qui a connu un succès fulgurant avant de retrouver l’anonymat et de finir sa vie dans la misère. Le clown Chocolat, de son vrai nom Rafael Padilla, naît dans une famille africaine réduite en esclavage et déportée à Cuba. Devenu orphelin, il est vendu vers l’âge de 10 ans à un marchand. Après s’être enfui à 14 ans, il vit de petits métiers avant de faire la rencontre fortuite du clown blanc Tony Grice. Ironie du sort, c’est le futur partenaire du clown Chocolat, Foottit, qui éclipsera Tony Grice lorsqu’il rencontrera à son tour le succès au Nouveau Cirque, à Paris… Tony Grice fait alors de Rafael Padilla son homme à tout faire mais aussi son partenaire occasionnel dans quelques numéros, impressionné par ses qualités de danseur et par sa force physique… C’est à partir de là que naît son surnom « Chocolat », quolibet raciste qui paraissait totalement anodin en cette époque coloniale et qui contribua à forger l’image « exotique » du personnage… Renvoyé brutalement par Tony Grice, Rafael Padilla alias Chocolat se fait remarquer par Foottit qui évolue alors lui aussi au Nouveau Cirque, haut lieu de divertissement parisien de l’époque. C’est ce dernier qui encourage le directeur du Nouveau Cirque à engager le clown Chocolat indépendamment de Tony Grice. Il rencontre alors rapidement un franc succès avec son pantomime comique « La Noce de Chocolat ».

Une carrière fulgurante

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Foottit et Chocolat (c.1900), studio Walery Paris

Comme on le sait, c’est le duo de Chocolat avec le clown anglais George Foottit qui le fera véritablement accéder à la célébrité. Ensemble, ils créent le duo « Foottit et Chocolat », un binôme passé à la postérité : celui du clown blanc et du clown auguste ; Rafael Padilla incarne le souffre-douleur « nègre » face à Foottit. Les deux compères connaissent la gloire au Nouveau Cirque à partir de 1886. Pendant presque 20 ans, ils enchaînent les tours de piste et leur duo connaît son apogée aux Folies Bergères en 1905 avant leur séparation en 1910. Par la suite, chacun tentera une carrière de son côté. Foottit voulant travailler avec ses trois fils, il part en tournée avec son propre cirque ; quant au clown Chocolat, il eut beaucoup de mal à se maintenir en haut de l’affiche sans son illustre partenaire.

Rafael Padilla s’essaya alors au théâtre et fut, en plus du premier clown noir, l’un des tout premiers comédiens noirs de France. Il obtient un rôle dans Moïse, pièce mise en scène par Firmin Gémier, père du théâtre populaire français, mais revient très vite à l’art du clown et au cirque avec son fils adoptif, Eugène Grimaldi avec qui il monte en 1912 le duo « Tablette et Chocolat ». Comme clown blanc, son fils Eugène obtient un certain succès et reprend même les numéros de son père avec l’un des fils de George Foottit – Georgey – en 1921. Celui-ci est alors le premier clown à venir distraire les enfants dans les hôpitaux.
Malheureusement, Rafael Padilla, qui poursuit difficilement une carrière dans des petits cirques de province, ne renouera jamais avec le succès – tout comme George Foottit – et sombre dans l’alcoolisme. Il tombe dans l’oubli aussi vite qu’il connut la gloire, à une époque où les Noirs restaient considérés comme des citoyens de seconde classe, artistes ou non… Il meurt dans la misère et l’anonymat à l’âge de 49 ans à Bordeaux et est d’ailleurs inhumé dans la partie réservée aux indigents du cimetière protestant de la ville…

Aujourd’hui, grâce au – déjà populaire – film Chocolat, la mémoire de cet artiste précurseur semble réhabilitée. Comme un clin d’œil au destin, c’est le comédien Omar Sy, premier Noir à remporter le César du meilleur acteur en 2012 (pour son rôle dans Intouchables) qui prête ses traits au clown Chocolat, à son époque, premier Noir à avoir une vraie carrière d’artiste de cirque en France…

Un devoir de mémoire

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Chocolat (c.1910) – Photo : Sylvie Mercier Collection

Une exposition itinérante constituée d’une vingtaine de panneaux, intitulée « On l’appelait Chocolat, sur les traces d’un artiste sans nom », est proposée à la Maison des Métallos à Paris du 3 au 28 février 2016 avec le soutien de la Mairie de Paris.

Cette exposition à l’initiative du collectif DAJA – un collectif fondé en 2007 par des enseignants, des artistes du spectacle vivant, des travailleurs sociaux et des chercheurs en sciences sociales -interroge encore aujourd’hui sur les préjugés racistes, les discriminations, les droits de l’homme. D’ailleurs soutenu par la Ligue des Droits de l’Homme, elle relate le parcours de cet artiste oublié, aujourd’hui de nouveau sur le devant de la scène. En 2012, la pièce de théâtre « documentaire » Chocolat Blues, co-écrite par Gérard Noiriel, historien de l’immigration et biographe de Rafael Padilla, auteur de Chocolat clown nègre, l’histoire oubliée du premier artiste noir de la scène française(2012) mais également de Chocolat, la véritable histoire d’un homme sans nom, paru le 13 janvier dernier, a ainsi vu le jour. Gérard Noiriel a également participé à l’écriture d’une autre pièce, mise en scène par Marcel Bozonnet et interprétée par la compagnie des comédiens voyageurs : Chocolat, clown nègre.

Un film actuel

Chocolat, film de Roschdy Zem, à découvrir dans les salles obscures mercredi 3 février, est donc l’occasion de revenir sur l’histoire d’un ancien esclave devenu star du cirque et personnage populaire pendant près de 20 années… Grâce au film, le clown Chocolat connaît actuellement une nouvelle célébrité. Par extension, le long-métrage permettra – on l’espère – de mieux s’intéresser aux artistes qui ont révolutionné/révolutionnent l’art et font ainsi évoluer la société sans souvent s’en rendre compte.

Ce n’est que le 20 janvier dernier, soit presque un siècle après la mort de Rafael Padilla alias « le clown Chocolat », qu’une plaque commémorative à l’emplacement du Nouveau Cirque d’autrefois a été inaugurée en présence d’Anne Hidalgo, Maire de Paris, du réalisateur Roschdy Zem et des comédiens Omar Sy et James Thierrée, ainsi que des descendants des clowns Chocolat et Foottit. Le texte de cette plaque commémorative est le suivant: « Ici, au Nouveau Cirque, Rafael Padilla dit le « Clown Chocolat » (vers 1868-1917), né esclave à Cuba, et Georges Foottit (1864-1921) ont inventé la comédie clownesque associant le Clown Blanc et l’Auguste ». Le 6 février, trois jours après la sortie du film, une autre plaque commémorative, dans le cimetière de Bordeaux où il repose, sera également dévoilée.

Pour en savoir plus :